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21/01/2026
En l’état, le traité du MERCOSUR, traité commercial supprimant toute barrière douanière avec plusieurs pays d’Amérique latine, est inacceptable. Le MRC salue le vote du parlement européen permettant de saisir la Cour Européenne de Justice et ainsi de freiner la procédure de ratification. Cette résistance, comme celle de Emmanuel Macron, est cependant bien tardive. Trop ? L’avenir le dira. Dans l’urgence prenons appui dessus.
En effet, ce traité est inacceptable car il met en danger une large part de notre agriculture. A terme, par ses conséquences, il mettra en cause notre souveraineté alimentaire. Il pèsera de manière délétère sur les questions sanitaires et environnementales rendant caduques de nombreuses législations protectrices des populations.
Ce traité est surtout favorable à l’industrie allemande. Sa signature met en évidence, une fois de plus que les choix de la Commission européenne sont outrageusement dictés par les seuls intérêts nationaux allemands.
Et qui peut croire, comme certains le disent, que ce traité serait un outil anti-Trump dans la guerre des droits de douane en cours et à venir compte tenu de la domination étatsunienne sur le continent sud-américain ?
Devant cette situation, ceux qui continuent, à droite comme à gauche, à promouvoir le vote à la majorité qualifiée en lieu et place de la règle de l’unanimité, devrait se réveiller si toutefois ils n’ont pas l’intérêt national à géométrie variable.
Désormais, il convient de tout mettre en œuvre pour empêcher l'application de ce traité. D'abord en soutenant le mouvement agricole en France et en Europe. Ensuite en exigeant que la Commission respecte le vote du Parlement européen en se refusant à une application transitoire. En dernière instance, il faut rappeler que la procédure dite du "compromis de Luxembourg" utilisée, une fois en janvier 1966, par Charles De Gaulle, pour s'opposer à une réforme du fonds d'orientation et de garantie agricole, qu'il estimait contraire aux intérêts majeurs du pays, n'est pas caduque ; même si l'acte Unique adopté en janvier 1987 à l'instigation de Jacques Delors, a majoré le nombre de sujets à traiter à la majorité qualifiée, en conseil européen.
En tous les cas, nous sommes en présence d'un enjeu décisif pour le pays, qui justifie la mobilisation de toutes les énergies et de tous les recours, pour interdire une régression évidente dans un secteur essentiel, pour notre économie, notre indépendance, notre qualité de vie et nos équilibres territoriaux.
10/01/2026
II y a deux ans, Jean Luc Laurent, maire du Kremlin-Bicêtre, président du MRC, nous quittait beaucoup trop tôt.
Son combat depuis son premier engagement se confond avec celui pour une République sociale, la République jusqu’au bout de ses valeurs, comme le disait Jean Jaurès.
Pendant plus de 40 ans, au sein du CERES, puis de Socialisme et République, courants du Parti Socialiste, en tant que dirigeant du Mouvement Des Citoyens puis du Mouvement Républicain et Citoyen, il n’a jamais varié, jamais renoncé ; il a toujours refusé la facilité des chemins de traverse et des petits compromis. L’engagement politique, aux côtés de Jean Pierre Chevènement jusqu’en 2015, au plan national à la tête du MRC, au plan local en qualité de maire du Kremlin Bicêtre, n’avait de sens pour lui, qu’à travers et pour une gauche inventive et forte, plaçant l’amour de la justice sociale et de la France au même niveau d’exigence.
Sa rigueur, son sens du dialogue, sa bienveillance, sa fidélité aux principes d’égalité des droits, et de la République souveraine et laïque, constituent pour nous, une référence.
«Merci Jean Luc pour l’exemplarité et la force de tes choix. Ceux-ci demeurent pleinement actuels, et tellement justes. »
04/01/2026
Quelque soit la nature des régimes en place et quelque soit le soutien que chacun peut librement apporter à ses oppositions, la souveraineté des nations ne saurait être mise en cause. Il revient aux peuples de se libérer de ses oligarchies et non à des puissances étrangères.
L’histoire nous enseigne que non seulement la démocratie ne s’exporte pas mais elle est le plus souvent brandie comme prétexte de l’intervention. Souvenons-nous de l’Irak, de la Libye où la déstabilisation de la région au nom de la lutte contre des dictatures a durablement enraciné les factions islamistes !
Concernant le Venezuela, contrairement à ce qu’affirme les communiqués complaisants à l’égard des Etats Unis, c’est Donald Trump lui-même qui indique son intérêt de mettre la main sur les réserves de pétrole les plus importantes de la planète.
Les déclarations de ces dernières heures sur son intérêt de mettre le Groenland sous tutelle pour avoir accès aux terres rares doivent aussi nous alerter sur une future violation du droit international dont la Russie ou la Chine vis-à-vis de Taiwan pourraient s’appuyer… De même ses déclarations vis-à-vis d’autres pays d’Amérique Latine comme la Colombie ou Cuba montre la tentation des USA de refaire de cette région son arrière-cour.
Emmanuel Macron, par sa réaction immédiatement relayée par Donald Trump a scandaleusement engagé la voix de la France dans le soutien de la loi du plus fort au détriment du droit international. Il a en conséquence affaibli la position de la France comme Etat-Nation capable d’indépendance diplomatique en s’opposant à toute forme d’impérialisme.
Le MRC ne se résout pas à ce que cette déclaration (en contradiction par ailleurs avec celle du ministre des Affaires Etrangères) soit celle de la France. Le parlement doit être saisi au plus vite afin d’exiger de notre pays une réaction ferme auprès des instances internationales et notamment à l’ONU en tant que membre permanent du conseil de sécurité.
Le respect du droit international et la souveraineté des peuples ne peuvent être à géométrie variable, c’est le message que la France doit porter au monde.
22/12/2025
Les agents d’EDF ont réussi à atteindre la puissance maximale du réacteur Flamanville 3, un exploit qui incarne les défis et les triomphes de la filière nucléaire française. Le nucléaire, un atout stratégique pour la France et cher au Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), a été délaissé par une élite influencée par une écologie anti-nucléaire. Le tsunami de Fukushima a été utilisé comme prétexte pour promouvoir des énergies intermittentes comme l’éolien et le solaire, malgré leurs limites évidentes en automne et en hiver.
« Hiver nucléaire » en France car l’EPR de Flamanville est l’unique exemplaire. Ses copies en Chine et en Finlande ainsi que les deux unités en construction en Grande Bretagne ont été construites dans des contextes trop différents. De tels coûts de premier de « non-série » ne pourront pas être rentabilisés sur de nouvelles centrales puisque le futur programme de construction de centrales nucléaires portera sur son successeur : le modèle en cours de conception : le réacteur EPR 2.
En 2013, Christian Bataille, député du Nord à l’époque et auteur de la loi éponyme, nous avertissait de l’urgence de planifier un programme de construction de réacteurs nucléaires. Depuis, les fermetures des réacteurs de Fessenheim - décidés par François Hollande et concrétisés par Emmanuel Macron - ont laissé un bilan écologique désastreux, tandis que l’Allemagne ouvrait de nouvelles centrales à charbon.
Les Français connaissent la valeur du nucléaire : une électricité fiable et pilotable. Cependant, ils ignorent souvent que le doublement des tarifs électriques, dû à un empilement de taxes, a financé des éoliennes et des panneaux solaires fabriqués pour la plupart en Chine et qui ne produisent que de manière intermittente. Pour la première fois depuis 1979, les centrales nucléaires doivent être ralenties ou arrêtées pour donner la priorité à des énergies non pilotables et obéissant aux lois du marché. La coupure généralisée du réseau électrique du 28 avril 2025 en Espagne et au Portugal illustre ce que les techniciens et les scientifiques annonçaient.
Aujourd’hui, il est annoncé un programme de six nouveaux réacteurs EPR 2 et peut-être huit de plus, ce qui ferait moins que la préconisation de Christian Bataille. Le financement d’un tel plan doit être validé par la commission européenne en 2026. Où est la démocratie française dans de telles « négociations » ? Quelle est notre souveraineté ? Nos voisins allemands ont choisi les énergies intermittentes compensées par du gaz jusqu’à il y a peu russe et se sont tournés à nouveau vers le charbon ou la lignite, source de pollution majeure de l’Europe. Quelle asymétrie ! Il est permis de polluer toute l’Europe sous des prétextes écologiques mais pas de financer des centrales nucléaires en France.
La potion est amère : les médias français agitent des coûts pharaoniques pour le nouveau nucléaire et il est bien vu que EDF, entreprise devenue société anonyme mais uniquement possédée par l’État, fasse la chasse aux coûts internes à la veille de démarrer un programme de construction. C’est ubuesque : investir est toujours un gros mot pour ces médias et ces tenants de cette union européenne économique libérale.
Le MRC salue la performance technique d’EDF pour avoir atteint une puissance électrique inédite de 1669 MW. L’électricité française, la plus décarbonée d’Europe, est un atout majeur pour notre souveraineté énergétique et la nécessaire réindustrialisation dont le pays a besoin. La réussite de cette nouvelle phase d’électrification dépend du soutien et de l’engagement de tous les Français.
17/12/2025
En janvier 2024, partie d'Occitanie, une crise agricole s'étendait à toute la France. Voir (ancien site MRC, 30 janvier 2024) Les colères agricoles sont justifiées, la souveraineté alimentaire de la France est menacée.
En décembre 2025, le foyer de colère du monde paysan est, à nouveau, localisé dans le Sud-Ouest et ce n'est pas un hasard. Car c'est la région où les exploitations familiales se sont maintenues le plus, mais elles se "voient mourir", selon l'expression du sociologue, François Purseigle, qui va prendre, début 2026, la direction de l'Ecole nationale supérieure agronomique de Toulouse.
Cette fois-ci, le point de départ de la nouvelle crise est la contestation de la stratégie sanitaire basée sur l'abattage des troupeaux de bovins touchés par l'épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui menace le cheptel bovin français.
Mais c'est une crise à foyers multiples : effondrement des prix, chute des revenus, menace de concurrence déloyale accentuée par la perspective de la signature - à la fin de la semaine - du traité commercial de libre-échange entre le Mercosur et l'Union européenne.
Comme le dit le porte-parole de la Confédération paysanne, Stéphane Galais, la stratégie sanitaire du gouvernement (l'abattage du troupeau dès qu'une vache est contaminée) cherche avant tout à protéger le commerce international (éviter l'interdiction de l'exportation, qui s'appliquerait si tout le cheptel français était vacciné).
Dans l'accord UE-Mercosur, l'agriculture est utilisée comme monnaie d'échange pour les intérêts d'autres secteurs économiques qui ne sont pas de notre intérêt national. La conséquence sera l'arrivée de produits agricoles à bas prix, entrant en concurrence directe avec les produits français, lait et viande bovine notamment, mais aussi le miel. Ce sera aussi l'accroissement des importations de produits qui ne respectent pas nos normes sociales, environnementales et sanitaires.
Cet accord négocié par la Commission européenne ne doit pas être validé par les Etats de l'Union européenne. Les syndicats agricoles sont unanimes pour le rejet, l'Assemblée nationale a unanimement voté en faveur du rejet. Que faut-il de plus au président de la République et au gouvernement pour marquer leur complet désaccord avec ce traité ?
Nous demandons que le Président de la République se réfère au compromis de Luxembourg, érigé par le Général De Gaulle en 1963, pour faire valoir son droit de véto à ce traité afin de sauvegarder l’agriculture de notre pays.